Qu’est-ce que cresson ?

Le cresson est une feuille verte au goût piquant, non amer : il appartient aux crucifères, la famille de la moutarde et du radis, et ce léger picotement ressenti au fond du palais en est le principe même. On le confond souvent avec la chicorée (radicheta), qui est une variété d'endive et qui, elle, est amère : ce sont deux plantes de familles différentes avec des saveurs distinctes. Il existe par ailleurs deux types de cresson vendus sous le même nom — le cresson de fontaine et le cresson alénois — qui ne sont pas la même plante.

Cresson de fontaine et cresson alénois : ce ne sont pas la même plante

Le cresson de fontaine (Nasturtium officinale) pousse avec les racines immergées dans l'eau courante. On le reconnaît à ses tiges creuses et juteuses et à ses feuilles arrondies, presque comme des pièces de monnaie, réparties par paires le long de la tige. C'est le plus piquant des deux.

Le cresson alénois (Lepidium sativum) pousse en terre comme n'importe quel autre légume-feuille, germe en quelques jours et possède des feuilles beaucoup plus petites et découpées. C'est celui qui est vendu en tant que jeune pousse et que l'on cultive sur du coton humide.

Pour la cuisine, la différence pratique réside dans la texture : le cresson de fontaine apporte une tige croquante et juteuse, tandis que le cresson alénois est essentiellement composé de feuilles et se flétrit très rapidement.

Une tige de cresson de fontaine développe des racines dans un verre d'eau en quelques jours, sans terre ni pot. Il convient de ne pas en abuser : dans l'eau seule, il s'enracine et se maintient un temps, mais en puisant dans ses propres réserves. Pour qu'il continue à produire des feuilles, il a besoin de nutriments : le transplanter dans un pot avec de la terre qui ne sèche jamais — posé dans une soucoupe remplie d'eau — ou ajouter un engrais liquide très dilué. Sans cela, en quelques semaines, les feuilles deviennent plus petites et pâles, et la tige s'étire.

La feuille change de forme : c'est la même plante

Celui qui le cultive a souvent une surprise : les feuilles de sa plante ne ressemblent pas à celles de la botte achetée. Ce n'est pas une autre espèce, c'est la même à un stade différent.

Dans l'eau courante, frais et bien nourri, le cresson pousse en tapis et donne des feuilles simples et rondes, comme des pièces de monnaie. C'est la forme que l'on voit dans les ruisseaux, sur les plateaux hydroponiques et dans les bottes du maraîcher : une feuille tendre et abondante, qui est précisément celle que l'on consomme.

En pot, avec moins d'eau, plus de chaleur ou des jours plus longs, la tige s'étire vers le haut et la feuille devient composée : un grand foliole à l'extrémité et des paires de folioles plus petits sur les côtés. Cela ne signifie pas qu'il a cessé de pousser, mais qu'il a commencé à préparer sa floraison.

Comment revenir en arrière : couper les tiges étirées en laissant 5 à 8 cm, le placer à la mi-ombre avec de l'eau en permanence dans la soucoupe, et pincer les boutons floraux dès qu'ils apparaissent. Les tiges coupées s'enracinent dans l'eau en quelques jours, ce qui permet d'obtenir de nouvelles plantes.

Comment le distinguer chez le maraîcher

Cresson : feuilles petites et arrondies, tige épaisse et juteuse, saveur piquante.

Chicorée : feuilles longues et dentelées, d'un vert plus terne, saveur amère. C'est une variété d'endive, parente du radicchio, et non du cresson.

Roquette : également une crucifère, ce qui explique sa ressemblance en goût, mais la feuille est allongée et lobée et le goût tire davantage sur la noisette que sur le piquant.

Règle simple : si la feuille est ronde et pique, c'est du cresson ; si elle est longue, dentelée et amère, c'est de la chicorée.

Pourquoi il apparaît en tête des listes de feuilles nutritives

En 2014, une étude publiée par les CDC a classé 41 fruits et légumes selon leur densité nutritionnelle — la quantité de nutriments apportée par rapport aux calories — et le cresson est arrivé premier, avec le score maximal.

Les détails comptent et sont rarement mentionnés : le classement est établi par calorie, et le cresson est composé presque entièrement d'eau. Il gagne en grande partie parce qu'il est très peu calorique, et non parce qu'une assiette de cresson apporte plus de nutriments qu'une assiette d'épinards. Une botte entière se réduit à presque rien une fois cuite.

Concrètement, il est très riche en vitamine K et apporte de la vitamine C, des bêta-carotènes et une quantité importante de calcium pour une feuille. Comme il se consomme surtout cru, ces nutriments restent intacts : un blanchiment rapide en préserve une grande partie, mais une ébullition prolongée transfère une partie de la vitamine C dans l'eau.

La chaleur atténue son piquant

Le piquant du cresson apparaît lorsque la feuille est coupée ou mâchée : c'est à ce moment-là que les composés de la moutarde sont libérés. C'est pourquoi il est intense cru et devient doux, presque sucré, une fois cuit.

De là découle une règle utile pour le remplacer dans n'importe quelle recette de feuilles cuites : un blanchiment rapide — 30 à 60 secondes dans l'eau bouillante, puis bien égoutté — atténue son piquant sans le transformer en bouillie.

Le cuire trop longtemps est un gaspillage : il perd sa tige croquante, qui fait tout son intérêt.

Pas de ruisseau

Le cresson sauvage récolté dans les ruisseaux ou les fossés peut transporter des parasites provenant du bétail qui pâture à proximité, c'est pourquoi le cresson sauvage ne doit pas être consommé cru. C'est un risque connu et documenté.

Le cresson du commerce, cultivé ou hydroponique, ne présente pas ce problème : il se lave comme n'importe quel légume-feuille et se consomme cru sans crainte.

Où s'en procurer

Chez les maraîchers, en bottes, et dans les grandes surfaces sous forme de cresson hydroponique en barquette.

Sa meilleure période est le climat frais : printemps et automne. En plein été, il fleurit et les feuilles deviennent plus dures et plus piquantes.

Lors de l'achat, vérifier la tige : elle doit être ferme, sans parties molles ni jaunies. Il se conserve comme un bouquet, les tiges dans un peu d'eau avec un sac plastique par-dessus.

Les recettes

Questions fréquentes

Le cresson est-il la même chose que la chicorée ?

Non, ils ne sont même pas de la même famille. Le cresson est une crucifère (famille de la moutarde) et est piquant ; la chicorée est une variété d'endive et est amère. Ils ont également une apparence différente : le cresson a des feuilles arrondies, tandis que la chicorée a des feuilles longues et dentelées.

Se mange-t-il cru ou cuit ?

Les deux. Cru, il conserve son piquant et sa tige croquante, idéal en salade. Cuit, il s'adoucit considérablement et convient parfaitement aux tartes, soupes et farces, où il remplace l'épinard en apportant plus de caractère.

Peut-on cultiver du cresson chez soi ?

Le faire raciner est très facile : une tige prélevée sur une botte dans un verre d'eau développe des racines en quelques jours, et en changeant l'eau tous les deux ou trois jours, il se conserve bien. Le faire produire est une autre affaire : l'eau seule ne contient pas assez de nutriments. Pour récolter des feuilles, il faut le transplanter dans un pot avec de la terre toujours humide, posé dans une soucoupe d'eau, ou lui apporter un engrais liquide très dilué.

Par quoi peut-on le remplacer ?

La roquette est ce qui s'en rapproche le plus, car elle appartient à la même famille. Pour une cuisson, l'épinard remplace la texture mais pas le piquant ; à l'inverse, le cresson peut remplacer l'épinard pour donner plus de caractère à une recette.

Mis à jour le 2026-09-12